Après un rêve, concert voix et orgue
Lise Viricel
M. Bacot
L. Viricel
Septembre 2013
Concert autour de mélodies françaises transposées pour soprano et orgue
Duo avec Martin Bacot, organiste
Lyon / Voiron
Après un rêve ... est un concert conçu en duo orgue et voix, avec Martin Bacot et Lise Viricel. Il vous propose une promenade parmi les auteurs français du début du XXe siècle. Des poètes : Verlaine, Bussine, Mallarmé, Jammes, parmi ceux dont les textes ont renouvelé profondément la poésie française à la fin du XIXe siècle, ont été l’inspiration des musiciens qui, comme Fauré ou Debussy, ont eux aussi été l’âme d’une profonde évolution de l’expression de la sensibilité.
Il est inhabituel d’entendre ces mélodies accompagnées à l’orgue : Ravel, Debussy, Fauré – qui était pourtant organiste – n’ont rien laissé pour l’instrument à tuyau. Certainement parce que malgré toutes les évolutions qu’il a connues au XIXe siècle, l’orgue restait un instrument trop peu souple pour se plier à leurs exigences musicales. Egalement parce que ces poèmes sont l’expression intime d’une vie intérieure toute de sensation et d’émotions profanes, toutes entières tournées vers soi et vers l’autre amoureux… et c’est bien plus au piano, l’instrument de salon, éventuellement accompagné de quelques instruments, que l’on confie l’accompagnement de la voix.
Pourtant, vers 1930, avec quelques années de retard, toute une génération de musiciens organistes relèvent le défi de cette nouvelle sensibilité, tournent le dos au romantisme et à son lyrisme un peu lourd et galvaudé désormais, pour chercher à travers l’orgue une nouvelle expressivité. Dans les œuvres pour orgue seul que vous entendrez en alternance avec ces mélodies, chez Duruflé en particulier, on retrouve cette même sensibilité très Debussyste, d’une musique toute en finesse, en frissonnantes demi-teintes, particulièrement dans le scherzo, ce qui n’exclue pas l’expression douloureuse d’une puissance tragique, dans la toccata par exemple.
Aussi, c’est un défi réussi pour les artistes d'avoir cru que cette musique et ces textes pouvaient être transcrits du « piano et voix » vers « l’orgue et voix », en gardant toute leur vibrante chaleur et leur sensualité, tout en pouvant trouver aussi une dimension autre, où le sacré se mêle indistinctement au profane.